Au centre rien de nouveau : l'annonce de la candidature de Bayrou à l'élection présidentielle, voilà le non-évènement politique des derniers jours. Cette position du centrisme paraît tout de même assez difficilement tenable, surtout d'un point de vue politique : sous ce fallacieux prétexte nous avons pu voir les députés UDF joindre leurs votes à ceux des socialistes contre le budget 2007, et François Bayrou de continuer à soutenir qu'il est dans la majorité. C'est sûr, en donnant ses voix aux socialistes ils vont finir par faire la majorité. Bayrou deviendra ainsi l'égal de Chirac, dans ce Panthéon de la droite qui a fait élir un président socialiste. On nous explique aussi à l'UDF que si l'élection est gagnée on assistera à la composition d'un gouvernement avec des personnalités de différents horizons : comment est-il possible un seul instant de voir cohabiter ensemble des membres de l'UMP et du PS aux idées opposées et s'étant étripés tout au long de la campagne. Dépasser les clivages pour gouverner est possible, je dirais même que c'est souhaitable : seulement il faut un préalable difficile à accepter pour beaucoup : retirer tout rôle politique aux partis et n'en faire que des laboratoires d'idées, plus des forces de gouvernement. Tant que la logique partisanne sera maintenue, l'Union Nationale ne se fera pas. Dès lors, la manoeuvre de l'UDF ressemble plus à une synthèse de compromis et de concessions qu'à l'alliance objective et complète de volontés guidées par un même but.
La taxe, rien que la taxe : grande annnonce faite par Sarkozy, très symptomatique à plusieurs égards, celle sur l'instauration d'une taxe à l'attention des poids lourds traversant le territoire, son revenu servant au financement de nouvelles infrastructures. Le premier point révélateur, c'est culture de l'impôt et de la taxe qui a lobotomisé tous les esprits politiques de ce pays, y compris ceux qui passent comme libéraux. Cela en devient affligeant pour notre image à l'extérieur, c'en est terrible pour notre portefeuille. Dès qu'il y a un projet qui germe dans l'esprit d'un politique au gouvernement, de droite comme de gauche, il germe une taxe pour le financer. Personne n'a trouvé à redire non plus sur la déplorable image que cela va donner auprès des professionnels des transports en Europe, eux qui profitent déjà de leurs faibles charges pour gagner des marchés au détriment des entreprises françaises. Ces poids lourds qui traversent la France paient les péages (cher), leurs occupants dépensent de l'argent dans les stations-services. C'est une aubaine en termes de TVA. Pourquoi les faire fuir, ou plutôt, pourquoi les enchaîner par l'obligation qu'ils ont de traverser notre pays pour aller en Espagne ou au Portugal ou en Italie ? Personne non plus n'a rappelé à Nicolas Sarkozy que la première cause de ce trafic énorme sur nos routes est l'absence totale d'un service de fret par rail efficace et digne de ce nom. Le service devrait être en principe assuré par la SNCF : de grèves en barrages de voies, ce service est le seul déficitaire de l'entreprise. Enfin, trouver des taxes pour financer l'investissement des équipements d'intérêt général : voilà ce qui est peut-être le plus flagrant constat d'échec des politiques économiques publiques. Le poids des coûts de fonctionnement de l'Etat est tel, qu'il ne lui reste plus rien pour investir pour la collectivité : nos impôts devraient servir à cela, ils engraissent les corporatismes les plus archaïques du pays.
La Santé qui déraille : jusqu'à présent on avait la droite la plus bête du monde, on a aussi des ministres qui ne brillent pas leurs discours. Alors que des députés (UMP), proposent toute une série de mesures pour sortir le vin de France de la crise, dont une qui vise à donner une information aux jeunes sur ce qu'est le vin, sa consommation raisonnée, etc, ne voilà-t-il pas que notre ministre de la Santé s'insurge contre ce scandale que cela représente de parler du vin de façon responsable à l'école. Il paraîtrait que cela ne ferait que fabriquer des alcooliques en puissance.... Les alcooliques existent déjà M. Bertrand, ils n'ont pas attendu vos bêtises pour faire les leurs... Comment, si on n'aborde pas la question à l'Ecole, responsabiliser les jeunes sur la consommation de vin ? Toutes les politiques publiques en la matière ont montré leurs limites, il n'y a quà prendre en compte le nombre de morts sur la route à la sortie des boîtes de nuit. On arrive enfin au coeur du problème : toute la campagne contre l'abus d'alcool en France est tournée vers le vin, les pouvoirs publics profitant de l'absence d'organisation de la filière pour se défendre : les résultats sont là, la consommation baisse fortement, les exploitants crèvent la faim, on sait déjà que le gouvernement perdra des sièges aux prochaines législatives... En parallèle, la consommation de whisky et de vodka explose : est-ce vraiment de vin que notre jeunesse s'ennivre le week-end pour finir dans des platanes ? Nos voisins Espagnols et Italiens ont depuis longtemps pris des mesures rendant au vin et à sa consommation raisonnée leurs lettres de noblesse, il serait peut-être un peu malin d'en faire de même. Sinon, toujours plus d'exploitations fermeront la porte, les jeunes ne boiront plus que de l'alcool fort de façon déraisonnable et M. Bertrand l'aura sa génération d'alcooliques !!!
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